Échanges
Par Nicole Nepton, vendredi 29 avril 2005 à 10:11 :: General :: #6 :: rss
M. Raboy retient des présentations que Tunis n'est pas une fin en soi. Aujourd'hui, nous pouvons aussi penser à plus long terme. Il déplore que le ministre ne soit plus là pour clarifier ce qu'il entend par partenariats avec le communautaire. À Tunis, il y aura peut-être une suite au Forum mondial sur le droit à la communication qui a eu lieu à Genève. Le sommet se situe dans une perspective plus large, c'est un laboratoire international, alors que l'ONU reconnaît l'importance de revoir ses façons de faire au niveau de la démocratisation. Il y a aussi une réalité géopolitique autour de ça, dont le rôle que jouent les États-Unis, l'UE et le G8 qui sont des structures dominantes. Le Canada se situe un peu entre deux chaises. Fait-il partie des pays dominants ou dominés? Il y a aussi des enjeux très importants autour de la propriété intellectuelle et du bien commun.
Un participant souligne que des gens sont poursuivis et emprisonnés pour avoir publié des articles dans Internet ou téléchargé de la musique. La société civile tunisienne n'a pas accès à Internet. Les sites des ONG luttant pour les droits humains sont accessibles seulement à l'extérieur de la Tunisie. Il n'y a pas de libertés. C'est un climat soviétique. Voir tunisie.com pour constater la langue de bois qui a cours au pays. Le climat de Genève était très dur et difficile, celui de Tunis sera pire. Cependant, la société civile tunisienne demande du soutien mais pas qu'on s'ingère.
Pour M. De Scouarnec, il ne faut pas s'acharner sur le cas tunisien tout en passant à côté de la liberté d'expression qui est aussi menacée un peu partout dans le monde. Les technologies permettent aussi de plus en plus de contourner l'embargo qu'on impose à l'information. Il faut aller à Tunis et avec une attitude réaliste sur ce que le Canada peut faire. Il faut agir dans le long terme. Le sommet est un catalyseur. La société de l'information n'est pas toute rose non plus. Pensons aux casinos électroniques qui exacerbent les tensions familiales, par exemple. L'éducation aux médias ne se fait pas et on n'en parle pas assez non plus.
James Archibald : Le sommet vise aussi à réduire des fractures démocratiques. La Tunisie a tout de même un potentiel d'appliquer des réformes, aussi réformettes soient-elles. On se rapproche quand même un peu. Tunis est un moyen d'ouvrir la porte.
Un autre participant parle du fait que des gens mettent des contenus en ligne (dont des travaux universitaires) pour en acquérir les droits à vie pour une somme dérisoire (100$). Les pays en développement pourront-ils profiter de la société de l'information dans un tel contexte? Sharon Hackett lui recommande le projet cyberthèses. Les textes en ligne dans Internet sont 4 fois plus cités que les autres. Au sommet, selon elle, il faut défendre l'exception éducationnelle.
Au Québec, peu de gens connaissent les enjeux alors qu'ils touchent plusieurs domaines de l'activité humaine. Il faudrait en discuter davantage. La technologie est une question humaine. Il n'y a pas que des problématiques d'accès. Il y a le développement d'utilisations appropriées, ce qui pose la question de la société de l'information en terme de droits. Il faut saisir ce sommet comme une occasion de changer les choses. Le gouvernement canadien devrait jouer un rôle plus important à cet égard.
Article complémentaire : Les préparatifs en vue du Sommet mondial sur la société de l’information débutent dans la violence : des défenseurs des droits humains et des manifestants pacifiques arrêtés en Tunisie, 22.03.2005
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